Biographie

- Débuts -


Fereydoun Tavallali, fils de Djalal Khan, est un poète et humoriste contemporain né à Shiraz en 1917.


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Dès son plus jeune âge, il possédait le talent d’écrivain et de poète, et au lycée, il a été formé et encouragé par des maîtres comme Hamidi, Passargade et Torbati. En 1932, Tavallali a fini ses études en archéologie et a commencé à travailler dans ce domaine dans la province de Fars. Après vingt années de dictature de Reza Shah, l’arrivée des alliés a permis une certaine libéralisation de l’expression orale et écrite.


Au début de cette période, Tavallali publia des poèmes humoristiques dans le style du Golestan dans les journaux Farvardin et Sourouch. Ces publications étaient d’une telle maîtrise que chacune d’elles faisait basculer une autre idole politique.

Vers la fin de 1944, au milieu de la misère, de l’injustice des gouvernants et d’épidémies de typhus et de typhoïde, comme beaucoup d’autres jeunes intellectuels, Tavallali s’est inscrit au parti communiste (Hezbe Toudeh). Il s’est alors vigoureusement battu contre l’injustice à côté des pauvres en publiant des articles virulents dans les journaux Sourouch à Shiraz et Korshide Iran et Iranema à Téhéran.

- Engagements politiques -


In 1945, Tavallali publia son recueil politico-satirique Atafacil. Le succès fut tel qu’une seconde édition parut la même année. Avec une témérité sans précédent, il a dénoncé les émeutes de Fars par lesquelles les seigneurs Ghasghaïe voulaient s’emparer du pouvoir.


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Il s’est de même attaqué à Ghavam-Saltaneh, le puissant gouverneur de Fars soutenu par les Anglais, ainsi qu’à Seidzia-Tabatabaï à l’origine de la révolte autonomiste de l’Azerbaïdjan. Il s’est attaqué à ces institutions sans jamais craindre pour sa propre vie. Les poèmes Arradeh, Khan dans Atafacil sont les marques de ces combats dans ces années tumultueuses.

En 1946, la province de Fars a subi les troubles causés par les seigneurs Ghasghaïe et tous les journaux mêmefurent interdits.

Tavallali partit alors pour Téhéran où tout en travaillant en archéologie, il pouvait continuer à publier ses œuvres et poursuivre ses véhéments combats politiques. En 1947, Tavallali, Khalile Maleki, Nima Youshidj, Nader Naderpoor, Ebtehadj et tant d’autres jeunes patriotes iraniens démissionnèrent massivement du Hezbe Toudeh.

- Raha -


Les raisons en furent multiples : les désaccords entre les dirigeants du Parti, la concession données aux Russes par le Parti sur l’ensemble du pétrole du nord, le soutien du Parti aux indépendantistes du Parti aux ordres du Parti Communiste Russe. Tavallali commença alors en toute sincérité sa lutte patriotique contre le Hezbe Toudeh. Son poème «Les Esclaves Rouges» et d’autres poèmes satiriques dans le style de Atafacil furent publiés dans Andisheh No (Nouvelle Pensée), le journal de son ami et allié Mehdi Parham ainsi que dans «Moyent Orient».


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En 1950 fut publié Raha (La Libération), un recueil de poèmes lyriques dans un style libre et révolutionnaire. Certains de ces poèmes sont récités couramment en Iran : La rivière Caroune, Maryam, l’amour affligé. Raha, est le livre le plus connu du poète par son style nouveau et original.

Cette même année, il retourna à Shiraz où il continua avec passion sa lutte contre l’impérialisme des Anglais et apporta son soutien au Docteur Mossadegh en écrivant tous les articles du très influent journal Sedaye Shiraz (La voix de Shiraz). En 1953 sortit son livre Câravân, écrit dans le même style satirico-didactique que Atafacil.

- L'exil -


Après le coup d’état contre Mossadegh en 1952, il s’enfuit de Shiraz vers Téhéran et sa maison fut pillée et incendiée. Il vécut alors dans la clandestinité pendant un an. Les conséquences du coup d’état furent si paralysantes pour les démocrates qu’il ne put plus rien éditer et il fut obligé de se replier sur lui-même et de garder le silence.


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En 1958, il revint à Shiraz et prit la direction de l’Archéologie de la Province de Fars.

IEn 1961 parut un recueil de ses poèmes Nafeh (le Musc), dans un style nouveau et original sur des thèmes psychologiques à tendance analytique : «Le château des illusions», «Norouz» reflètent bien l’esprit de cet œuvre. En 1964, il devint conseiller à l’Université de Shiraz. En 1965, après quatre années de silence, il fit paraître Pouyeh (le Sentier), recueil de poèmes traditionnels (ghazals).
En 1973, un autre recueil, Shagarf (l’Emerveillement) parut avec une ample préface sur la pureté et le génie de la poésie contemporaine, où il s’explique clairement sur sa propre poésie en revendiquant le droit à une totale liberté d’expression.

- Analyse critique -


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Considérant sa biographie, nous pouvons distinguer deux périodes distinctes dans son œuvre:

- Une première période allant de sa jeunesse jusqu'au coup d’état en 1952.
- Une deuxième période du coup d’état à la fin.



Première période


Durant la première période, Tavallali fut une jeune poète et écrivain révolutionnaire, combatif et innovateur. Tout d’abord il était en admiration devant les poèmes de Nima, car Nima ne respectait pas les formes de la poésie traditionnelle. Mais il s’en éloigna quand il jugea que Nima non seulement ne respectait ni la rime ni le rythme, mais encore que ses poèmes devenaient incompréhensibles. Durant cette époque, Tavallali composa des poèmes dans un style nouveau, mesuré, respectant à la fois la rime et le rythme sans être lié à la tradition. Il était suivi dans cette voie par de nombreux jeunes poètes talentueux.Ses recueils Raha et Nafeh sont composés dans ce style. La composition originale, la clarté du sens, la musique des mots, la nouveauté et la force des idées l’élèvent au sommet de la poésie persane, à côté des plus grands comme Ferdowsi, Nezami, Saadi, Hâfez. Ses œuvres Atafacil et Câravân, non seulement ont une grande valeur littéraire. Mais politiquement elles peuvent être considérées comme les armes d’un poète patriote combattant pour la liberté et sont importantes et riches d’un point de vue historique.

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Seconde période


Durant la deuxième période, tous les responsables libéraux et les opposants au régime du Shah étaient soit assassinés, soit emprisonnés, soit exilés et l’atmosphère était étouffante. La censure avait fermé les bouches et brisé les plumes; et pendant vingt cinq ans, il n’y eut aucune lueur d’espoir. C’est pourquoi Tavallali dut se retirer du monde politique et s’isoler ; comme Hâfez, il chercha refuge dans la poésie amoureuse (ghazal).


Dans sa retraite, il composa des poèmes critiquant la dictature du moment, mais aucune revue n’osa les publier. Ses poèmes passaient de main en main parmi ses amis et ses sympathisants.


Cependant, il réussit à publier quelques poèmes indirectement critiques du régime dans le journal Bâhâre-e-Iran (le printemps del’Iran), mais ce journal fut rapidement interdit et ne put paraître qu’à condition de ne plus rien publier de Tavallali. Ses ghazals et ses œuvres didactiques sans coloration politique étaient tolérés dans les magazines littéraires comme Sokhan, Vahide et Yaghmâ.

- Fin de vie -


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Tavallali est un poète puissant, écrivain accompli, humoriste talentueux. Son Atafacil, comme le Golestan de Saadi inimitable. L’élégance de son lyrisme rappelle celle de Hâfez. Ses portraits satiriques n’ont pas leur pareil dans la littérature persane. Il est maître dans l’art de composer des mots nouveaux.
Tavallali s’éteint en 1985 après une longue maladie. Il est enterré à Shiraz dans le tombeau familial, à côté du grand poète Hâfez.

- Oeuvres posthumes -


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Ses trois filles, Nima, Fariba et Raha vivent aux Etats-Unis et en Europe. Sa femme Mahin, à laquelle il a dédié toutes ses œuvres, a fondé un cercle littéraire “Khâne-ye-Fereydoun" (la maison de Fereydoun) dans lequel se rencontrent régulièrement des écrivains, des poètes, des historiens et des chercheurs.


Madame Tavallali a publié en 1991 Bâzgasht (le retour) et en 2008 Kabousse (cauchemar) comportant des poèmes inédits.


Biographie rédigée par M.Hassan Emdad.

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